L’amatrice de porno du troisième millénaire

Mon pseudo : MissTech, je suis consultante en sécurité informatique. Je passe ma vie en classe affaire. Londres,
Cologne, La Haye. Je m’endors chaque soir dans un Bofitel, rarement le même deux nuits de suite.
Je suis une femme, comment dire…? Plutôt jeune et jolie, pas frustrée ni rien, je veux dire: avec une vie sexuelle
active, très active … des week-ends chargés, on peut dire cela comme ça… Des détails ? Plus tard, j’ai une confession
à faire. C’est d’ailleurs pour cela que je vous ai fait venir, avec votre micro et vos lecteurs à l’autre bout.
Voilà, je me lance: j’aime le porno. Ne riez pas, c’est grave. C’est une confession que je n’ose même pas faire à mes
meilleures copines, avec qui je partage tout, dont des vertes et des pas mûres. Des détails? Plus tard, j’ai dit, vous
êtes assommant, à la fin !
Donc, j’aime le porno. En spectatrice. J’en raffole. Et alors ? Je suis une femme, je ne suis pas censée apprécier le
porno.
Il y a plusieurs raison à cet état de fait. Entrez “Femme” et “Pornographie” sur un moteur de recherche et… Non ! Je
blaguais ! Ne le faites pas, ou bien ayez un super bon pare-feu sur votre bécane, du genre cyber antibiotique.
Je vous résume en gros: vis à vis du porno (au sens le plus dilaté possible), les femmes se répartissent en deux camps
- et deux exceptions, dont je me réclame.
Tout d’abord, celles qui sont violemment contre. Contre l’image de la femme véhiculée (comme s’il n’y en avait
qu’une!); contre l’idéologie Bitocrate basse du front et les excès – nombreux – des tournages, sans parler des
innombrables atteintes à l’intelligence et au goût. Sauf que, dans certains cas, ce militantisme féministe anti-porno
tourne à l’obsession. Dès lors, les motivations deviennent troubles. On est droit de se demander si les contemptrices
du porno n’en sont pas devenues les premières fans, prêtes à s’indigner avec délice à chaque nouvelle saloperie
tentée par le business. (Je me demande si les militantes anti- porno reçoivent les dernières nouveautés du pornack,
comme les journalistes de “Chaud-DVD” ou les vérificateurs du C.S.A.?)
Notez au passage que moi je l’appelle “Pornack” comme certains professionnels du milieu de la marge de la
profession. Un truc d’initiée.
La deuxième attitude, de loin la plus répandue: on ignore avec plus ou moins d’indulgence cette tare masculine,
n’étant pas stimulée par l’image, mais exclusivement par le ressenti. Dans le feeeeling, quoi !
Comme si le voyeurisme n’était pas le vice le plus équitablement réparti entre les sexes !
Je concède toutefois que la stimulation est moins directe que chez les hommes, chez qui l’érection qui suit
immédiatement une excitation visuelle tient du réflexe conditionné. L’image de chiens salivant devant une ampoule
électrique vient à l’esprit, je m’en excuse auprès de vos lecteurs.
Mais celles qui disent ne pas être excitée par le spectacle d’autres personnes en train de s’envoyer en l’air mentent.
Ou bien se mentent à elles-mêmes. Cela doit tenir à la peur viscérale ressentie par une femme en présence d’une
rivale, virtuelle ou non, avec laquelle on pourrait la comparer. La peur du rejet. La peur de manquer. La peur du vide.
Pour celles qui ne l’ont pas un tantinet maîtrisé, cette peur diffuse gâche la vie et empêche d’apprécier les bonnes
choses d’un oeil serein. Y compris le spectacle, ma foi fort réjouissant, d’une bonne salope qui se fait bien ramoner.
Ou bien de phallus en pleine gloire, tendus du gland, gonflés d’ardeur, palpitants d’amour… Mais je m’égare, où en
étais-je ?
Ha oui! Les exceptions. La première est de taille: les femmes qui en font, du pornack. Sujet, modèle, objet, sexuel,
exploitée, productrice. Après tout, les femmes en sont la matière première la plus importante: 95% du porno les
implique alors que, deuxième exception, moins de 5% en consomme.
Moi, j’en consomme.
On m’objectera que s’il me faut à tout prix assister à de la baise, voir des couples copuler, il existe des endroits pour
ça, des clubs échangistes, par exemple. Pas faux. Mais ce qui m’excite, ce que je consomme plus volontiers, ce sont
les stimuli visuels et auditifs. Pas olfactifs, si possible, j’ai l’odorat très sensible. D’autre part, j’apprécie de pouvoir
mettre l’orgie sur “off”, à volonté, dès que la stimulation a rempli son office. Mais il faut ici que je dise quelque
chose de mon mode de consommation préféré. J’utilise des lunettes de projection stéréoscopique, couplé avec un
petit software de décomposition du signal vidéo en relief 3D. Quoi d’autre? J’ai un programme qui mouline, désosse
et encode les vidéos téléchargées sur le net de façon à ne m’envoyer sur les lunettes-écran que les séquences
correspondant à mes critères de sélection. Des scènes de cul en pseudo-relief convenablement filtrées selon mes
goûts, avec de temps à autre une recherche aléatoire pour me choquer avec un truc dégoutant auquel je n’aurais pas
pensé, car moi aussi l’indignation m’excite.
Pensez-y: je peux presqu’à loisir surimposer sur la réalité, une scène de cul de mon choix. Croyez bien que cela
désamorce bien des situations. Mais, mieux encore, je vais bientôt m’équiper: en rajoutant une caméra vidéo sur les
lunettes-écran, je serais en mesure de capturer la réalité visible (mes voisins de siège dans l’avion par exemple), de la
faire remixer sur mon PC en temps réel (votre visage + le corps anonyme d’un hardeur ou d’une hadrice) et de la
rebalancer en live sur mon écran magique (mes voisins de siège en pleine levrette).
Suis-je coupée du monde réel? Tant mieux: c’est précisément à cela que cela sert.
Un souci toutefois: l’autre jour dans l’Eurostar, je me suis fait pirater le signal infra-rouge qui va du PC aux Lunettes.
Un hacker s’est rincé l’oeil avec mon programme pendant je ne sais combien de temps, puis il a commencé à
m’envoyer des images de son cru, assez intéressantes je dois dire, une photo de lui, pas mal.. Pour finir, il m’a
indiqué sa place dans le compartiment et m’a invité à venir le rejoindre. Pour cette fois-là, je me suis laissé
fléchir…dans les toilettes de l’Eurostar…le temps pour le train de parcourir à fond le tunnel.

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